Le Jardin de la Sixième Extinction, jardin sec primé au Festival des Jardins de la Côte d’Azur
En 2015, Simonson Landscape, paysagiste concepteur à Paris, explorait déjà le jardin sec comme réponse au changement climatique, sobriété en eau, sols vivants, et esthétique minérale assumée. Le Jardin de la Sixième Extinction, primé au Festival des Jardins de la Côte d’Azur, a marqué cette avance, un paysage narratif où sculpture et botanique racontent l’évolution du vivant. Dix ans plus tard, cette approche est devenue centrale, nous la portons depuis le début.
Un jardin sec primé, la vision d’un paysagiste concepteur à Paris
Chez Simonson Landscape, studio de paysage, nous concevons des jardins artistiques et durables, où l’innovation paysagère se met au service de l’environnement et de la mémoire des lieux. Notre travail, à la croisée de l’architecture du paysage et de l’art, a été reconnu dans plusieurs festivals et programmes, notamment :
Grand Prix du Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire 2024 pour Le Jardin des Murmures, une installation sculpturale intégrant biodiversité et poésie.
Prix de la Palette Végétale 2016 à Chaumont-sur-Loire pour Le Jardin des Émergences, un hommage aux paysages arides et aux jardins secs résilients.
Lauréat du concours Les Jardins de la Paix 2022 avec Le Jardin de la Paix Américain, conçu en mémoire des soldats tombés lors de la Première Guerre mondiale.
Prix du Public 2017 au Festival des Jardins de la Côte d’Azur, remis par le paysagiste Jean Mus, pour Le Jardin de la Sixième Extinction, une œuvre qui met en scène l’évolution du vivant et l’empreinte de l’Homme sur son environnement, dans un contexte de crise climatique grandissante.
Le Jardin de la Sixième Extinction, une allégorie du vivant
Le jardin se découvre comme un récit en plusieurs scènes. Le visiteur avance dans une composition qui change de texture, de densité et d’intensité, comme si le paysage lui-même racontait l’histoire du vivant, depuis ses origines jusqu’à nos ruptures contemporaines.
Un monde primaire et intact
À l’entrée, le sol est volontairement brut, minéral, presque silencieux. Roches, sable, gravier, peu de matière organique, l’ambiance évoque une terre originelle. La végétation y apparaît par touches, cycas, fougères, conifères, silhouettes archaïques, comme des vestiges d’un monde ancien. Ici, le jardin ne cherche pas la luxuriance, il installe un climat, une tension, une mémoire.
L’apparition de la vie et la richesse du végétal
En progressant, le paysage s’épaissit. Les strates se multiplient, les couleurs apparaissent, les floraisons ponctuent la scène. On passe de la rareté à l’abondance, de l’osature minérale à une matière vivante plus complexe. Cette séquence évoque l’essor de la biodiversité, sa capacité à occuper l’espace, à le stabiliser, et à créer un équilibre fragile, celui-là même dont dépend notre propre place dans le monde.
L’Homme et son influence sur le paysage
Au cœur du jardin, des figures sculptées émergent. Elles ne sont pas posées “sur” le décor, elles semblent en provenir. Intégrées aux massifs, elles représentent l’Homme dans son interaction avec le vivant, d’abord attentif, curieux, presque humble. Il observe, il apprend, il distingue les plantes comestibles, celles qui soignent, celles qui intoxiquent. Puis il intervient, il organise, il transforme. Le jardin met en scène ce moment où la connaissance devient pouvoir, et où le paysage commence à porter notre empreinte.
La rupture, l’Homme se détache du monde naturel
Plus loin, quelque chose se brise. Les sculptures se détachent progressivement du végétal. Les liens se relâchent, la matière se fragilise, les formes se dégradent, puis s’effacent. Le paysage devient plus sec, plus dur, comme si l’écosystème perdait sa capacité à se régénérer. Cette séquence fait écho à l’impact destructeur des activités humaines, et à la façon dont l’Homme, en cherchant à dominer le vivant, finit par s’en couper.
Une réflexion sur notre avenir
Au centre, une pièce d’eau agit comme un miroir. En s’approchant, le visiteur aperçoit son propre reflet sous la surface. Le jardin cesse alors d’être un récit “sur la nature”, il devient un récit sur nous. Cette image pose une question simple et vertigineuse, sommes-nous en train de nous dissoudre dans notre propre environnement, victimes de notre aveuglement, ou avons-nous encore la possibilité d’agir, avant qu’il ne soit trop tard ?
Un Jardin Visionnaire à l’Heure du Réchauffement Climatique
Aujourd’hui, Le Jardin de la Sixième Extinction prend un sens encore plus profond. Records de chaleur, sécheresses prolongées, restrictions d’arrosage, et incendies de grande ampleur, le paysage n’est plus un décor stable, c’est un système sous pression. En Californie, par exemple, la saison 2020 a dépassé 4,3 millions d’acres brûlés, un chiffre qui a marqué les esprits et qui illustre l’intensification des extrêmes.
Dans ce contexte, la question n’est plus “faut-il adapter les jardins ?”, mais “comment les adapter intelligemment, sans perdre l’émotion”. Le GIEC estime que l’influence humaine a déjà réchauffé la planète d’environ 1,1°C par rapport à l’ère préindustrielle. Et à rythme actuel, le seuil de 1,5°C est susceptible d’être atteint entre 2030 et 2052. Ces repères changent concrètement la manière de concevoir, les choix de sols, la place du minéral, la gestion de l’eau, le rôle de l’ombre, et la sélection végétale.
Face à cette réalité, le rôle du paysagiste concepteur devient central. Préserver et recréer des écosystèmes résilients, favoriser la biodiversité, et concevoir des paysages sobres en eau ne sont plus des options “écologiques”, ce sont des impératifs de projet. C’est précisément ce que nous explorions dès 2015, à travers une approche qui mêle narration, sculpture, botanique, et adaptation climatique.
Jardin sec, une réponse concrète, esthétique, et durable
Un jardin sec n’est pas un jardin “sans eau”. C’est un jardin “sans gaspillage”, conçu comme un système complet. Le végétal y est choisi pour durer, le sol est travaillé pour absorber et stocker, et la structure minérale devient un outil de composition autant qu’un levier technique. L’objectif, réduire l’arrosage, limiter les fragilités, et obtenir un jardin beau toute l’année, même en plein été.
1) La structure minérale, le squelette du jardin
Dans un jardin sec, le minéral n’est pas un remplissage, c’est l’ossature. Graviers, pierres, roches, seuils, murets, cheminements, tout participe à la lecture du lieu et à la sensation d’espace. Cette structure garde une présence forte quand la végétation se met au repos, et elle permet de maîtriser les zones arrosées, en les concentrant là où elles ont du sens.
2) Le sol, le vrai “réservoir” invisible
La réussite d’un jardin sec commence sous la surface. On travaille la texture et la profondeur, on améliore l’infiltration, on évite les couches compactes, on protège la vie du sol, et on limite l’évaporation. Paillage minéral ou organique, correction des pentes, zones d’infiltration, tout est pensé pour que la pluie devienne une ressource, pas une perte.
3) Microclimats, ombre, et confort d’été
À Paris et en Île-de-France, les jardins subissent des effets d’îlot de chaleur, surtout en cour, en terrasse, ou sur toiture. Un jardin sec bien conçu fabrique du confort, grâce à l’ombre portée, des masses végétales bien positionnées, des zones fraîches, et parfois un point d’eau discret. La conception ne cherche pas seulement la survie des plantes, elle cherche le bien-être humain, même en période de canicule.
4) Palette xérophile, durable, et expressive
La palette végétale ne doit pas être seulement “résistante”, elle doit être expressive. Feuillages gris, textures fines, floraisons aériennes, persistants sculpturaux, couvre-sols qui se densifient, on compose comme un tableau, avec des plantes capables de tenir leur rôle sans dépendre d’un arrosage constant. L’exotique a sa place quand il est cohérent, l’indigène a sa force quand il est bien mis en scène, l’essentiel est l’adaptation au site.
5) Biodiversité utile, pas décorative
Un jardin sec peut être très vivant. Nectar, abris, diversité de strates, continuités végétales, sols accueillants, on vise une biodiversité fonctionnelle, qui stabilise l’écosystème et renforce la résilience. C’est aussi un choix esthétique, un jardin qui bouge, qui vibre, qui évolue.
6) Un entretien pensé dès le dessin
Le jardin sec n’est pas “zéro entretien”, il est “entretien intelligent”. On anticipe la croissance, les tailles, les phases de densification, la gestion des adventices au démarrage, et le rythme des saisons. Résultat, moins d’interventions lourdes, plus de stabilité, et un jardin qui vieillit bien. Cette approche, nous la défendions dès 2015, bien avant qu’elle ne devienne un sujet central en France. Le Jardin de la Sixième Extinction en est une expression forte, artistique, engagée, et déjà tournée vers ce que nous vivons aujourd’hui.
Ce que ce jardin dit de notre métier de paysagiste concepteur à Paris
Le Jardin de la Sixième Extinction résume une conviction que nous portons depuis 2015, un jardin peut être à la fois artistique, utile, et profondément durable. Concevoir un jardin sec, ce n’est pas “mettre des plantes résistantes”, c’est dessiner un système, sols, eau, microclimats, structure minérale, palette végétale, et évolution dans le temps.
À Paris et en Île-de-France, ces questions sont encore plus concrètes, îlots de chaleur, cours minérales, terrasses exposées, contraintes d’arrosage, et besoins de confort d’été. Notre approche consiste à créer des jardins lisibles et vivants, où chaque détail compte, des matériaux à la stratégie végétale, et où la poésie du lieu reste centrale.
Si vous cherchez un paysagiste concepteur à Paris pour imaginer un jardin sec, durable et esthétique, nous serons ravis d’échanger. Vous pouvez aussi découvrir nos projets primés et nos réalisations récentes pour voir comment cette vision se traduit, du festival aux jardins privés.